Diane Mercier, Ph.D. Docteure en sciences de l'information et spécialiste en transfert des connaissances, pionnière du Web montréalais, militante du libre : accès, logiciel, données, technologie.  sur Zotero - public sur Netvibes - public sur Twitter sur LinkedIn sur Google+  Syndication (Feed)  
déc 162012
 

Je viens de faire une intervention dans le blogue de Démocratie Ouverte à l’occasion de la publication de leur charte.

Ce commentaire est en cours de modération : « À mon humble avis, votre article 9 est trop « opérationnel » et ne cadre pas avec le niveau d’une charte. Données, information, connaissances et sagesse sont tous des indices d’un axe de développement contextuel qui combine la maturité de compréhension et la complexité des relations. Le logiciel serait l’explicitation du savoir-faire. L’article 9 serait plus clair et en phase s’il définissait et distinguait l’ouverture comme le fait si bien l’Open Knowledge Definition (conformité de l’ouverture).»

Spectre du savoir
Spectre du savoir
Extrait allégé de ma thèse (2007)

Les connaissances, l’information et les données font partie d’un continuum de stades qui conjugue la compréhension, la complexité des liens et le contexte (… ). C’est la perspective la plus répandue en sciences et technologies de l’information et des communications (… ). Cette représentation est aussi nommée « spectre du savoir » (… ).

Le spectre du savoir commence par des données, c’est-à-dire des faits, des nombres, etc. Les niveaux de compréhension et de complexité de liens entre les données sont faibles. Ils laissent peu de place à l’interprétation et sont décontextualisés. Lorsque ces données sont interprétées et organisées, c’est l’information. À ce stade, les liens entre les données sont alors mieux compris et certains contextes peuvent être pris en compte.

Graduellement, des liens de plus en plus complexes s’ajoutent à l’information comme le sens (… ) et les contextes (… ) pour devenir connaissance. On appelle généralement « connaissances » l’information enrichie et mise en contexte. Au sommet du continuum, on retrouve la sagesse, c’est-à-dire des connaissances liées au jugement (… ). Les niveaux de compréhension et de connexité y sont très élevés. À l’autre extrémité du continuum, il y a le chaos qui représente l’absence de compréhension, de liens et de contexte. Il se situe à l’intersection des trois axes du spectre du savoir, soit cognitif, relationnel et contextuel (… ).

Notre Figure 3 (p. 26), inspirée de Bellinger (2000b), illustre ce continuum sur trois axes : cognitif, relationnel et contextuel. L’axe cognitif, à l’horizontale, représente les niveaux de compréhension tandis que l’axe relationnel, à la verticale, représente les niveaux de complexité des liens. L’axe central, à la diagonale, représente le contexte qui relie les deux autres axes. Sur cet axe, les stades de données, d’information, de connaissances et de sagesse correspondent aux différents niveaux de compréhension, de complexité des liens et du contexte. L’ensemble de ces stades représente le continuum du spectre du savoir.

Ainsi, notre étude descriptive considère les connaissances à la fois comme un continuum et un processus qui combinent simultanément l’apprentissage et l’action entièrement situés dans l’espace et le temps, c’est-à-dire dans un contexte (… ).

Source : Le transfert informel des connaissances tacites chez les gestionnaires municipaux en situation de coordination (Mercier, 2007 : 25-26)

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fév 052012
 

Un retour d’expérience

Durant mes vacances de la nouvelle année, j’ai pris le temps de mieux organiser ce que j’appelle ma lecture « séquentielle »; celle que l’on fait du premier au dernier mot d’un document. Pour moi, depuis l’arrivée de l’hypertexte au début des années 1990, ma lecture est progressivement devenue presqu’exclusivement « hypertextuelle » et conduite par l’heuristique. La lecture « séquentielle » demande d’y consacrer temps et concentration. Ma maîtrise puis mon doctorat ont pris toute la place et le livre physique est encombrant et difficilement réutilisable. La lecture séquentielle est devenue un besoin cognitif incommensurable.

Je ne souhaitais pas utiliser un dispositif numérique ubiquitaire où l’extérieur me sollicite constamment. La lecture devait être physiquement agréable, l’appareil léger, la technologie ouverte. Ainsi, l’achat d’un appareil produit par Apple, Amazone et autres qui implique une dépendance face au fournisseur de documents numériques étaient catégoriquement écarté.

Je devais aussi être en mesure d’utiliser mes bases de métadonnées documentaires consolidées avec Zotero (environ 10 000 références depuis 1990) et des formats de documents ouverts tels que ePub. J’utilise CaLibre pour convertir les documents PDF, html et autres vers le format ePub. Je ne veux pas, lorsque je lis, être dérangée ou envahie tel que le fait la téléphonie dite intelligente. Je veux lire confortablement dans le train, le métro et au bistro. L’outil doit être abordable.

J’ai choisi la liseuse eReader PRS-T1 de Sony dotée notamment d’une interface Wi-fi pour accéder à mon stockage dans les nuages et à des activités « légères » sur le Web. Le format ouvert ePub est aussi un des plus utilisés avec la liseuse eReader (Coût 100,00$).

J’ai donc calibré ma liseuse avec Zotero. C’est-à-dire que j’ai utilisé CaLibre pour transférer les documents en format ePub qui sont référencés dans mes bases de métadonnées Zotero et stockés dans une base commune de documents.

Minimum « libre » requis :

FireFox, Zotero pour FireFox, Zotfile pour Zotero, ePubReader pour FireFox, GrabMyBook pour FireFox, CaLibre

D’abord j’utilise Zotero, une extension de FireFox, avec l’extension ZotFile qui permet d’utiliser une méthode personnalisée de nommage des ressources documentaires. Par défaut, Zotero stocke les documents (un ensemble de fichiers) dans le répertoire « /storage/ » localisé à la racine de la base de métadonnées Zotero (SQLite). Le nom du répertoire de chaque document stocké est généré par Zotero et comporte 8 caractères alphanumériques. Ce nommage automatique est peu significatif pour une navigation « humaine ».

Ainsi, je paramètre Zotfile afin qu’il renomme automatiquement chaque ensemble de documents sous la forme « auteur/date/titre » qui est conforme au style de citation APA, mon style de citation bibliographique préféré et qui est largement utilisé dans le monde scientifique. J’indique aussi à Zotfile de déplacer l’ensemble de documents dans un répertoire à l’extérieur de la racine de la base de métadonnées Zotero (SQLite). J’ai donc pu constituer au fil des années une base commune de documents pour mes différentes bases de métadonnées Zotero (SQLite). Cette base commune de documents est aussi synchronisée dans les nuages.

CaLibre est réglé pour surveiller tous les ajouts dans ma base commune de documents. Il se synchronise avec cette base commune en mettant à jour la base de métadonnées (metadata.db) d’une bibliothèque « Calibre » localisée à la racine de la base commune aux fins de transfert dans ma liseuse.

Si le format ePub n’est pas disponible sur un site, je le sauve avec l’extension GrabMyBook pour Firefox ou, en différé, avec CaLibre. Les documents en format ePub sont facilement lisibles avec l’extension ePubReader pour FireFox. Je convertis aussi les documents en format html vers ePub avec les mêmes techniques pour les lire attentivement avec ma liseuse.

Enfin, je transfert les documents en format ePub sur le dispositif de stockage microSD de ma liseuse avec CaLibre que je considère plus pratique que l’outil fourni par Sony.

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